Né le 26
décembre 1801
à Cahors, décédé
à Paris le 10 janvier
1872
D'après Les ingénieurs des mines du XIXème
siècle, de André Thépot :
Charles Combes fut le premier ingénieur-conseil de
renommée internationale. Dès 1838, il fut désigné comme expert dans un
litige concernant l'aération des mines belges de Saint-Martin de
Marchienne. L'année suivante, il était comme ingénieur-conseil la
Compagnie des Houillères et Fonderies de l'Aveyron, et il fit adopter un
plan de modernisation des établissements de Decazeville. En 1851, la
société belge de la Vieille-Montagne le choisit comme arbitre dans une
contestation avec un concessionnaire. En 1855, c'est la Compagnie des
Fonderies et Forges d'Alais qui lui confiait une expertise de ses
constructions et de ses matériels, grâce probablement à l'intervention de
Diday. En 1856, c'est la société des mines de fer d'Oran, contrôlée par
Talabot qui lui faisait évaluer son patrimoine.
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RÉSUMÉ DE CARRIERE
Extrait du livre Notice historique sur l'Ecole des Mines de Paris,
L. Aguillon, 1889 :
Combes, né à Cahors
le 26 décembre 1801, est mort à Paris le 10 janvier 1872, quelques jours
après qu'atteint par la limite d'âge il venait de quitter la direction de
l'Ecole des mines où il avait succédé à Dufrénoy en 1857. Entré à l'Ecole des
mines en 1820, il fut de ceux qui terminèrent leurs études en deux ans.
Nommé à sa sortie de l'Ecole professeur à l'Ecole de Saint-Etienne, les
usages de l'administration à cette époque lui permirent de s'occuper en
même temps de la direction d'exploitations telles que celles de
Sainte-Marie-aux-Mines, et surtout, de Roche-la-Molière et Firminy, et de
se former ainsi à la connaissance des choses que l'on enseigne avec
d'autant plus d'autorité que l'on arrive par leur pratique à les mieux
connaître sous toutes leurs faces. Combes resta titulaire de la chaire
d'exploitation des mines à Paris pendant vingt-quatre ans, jusqu'en 1856;
mais il cessa son enseignement effectif dans l'année scolaire 1848-1849,
date à partir de laquelle il se fit suppléer par
Callon qui, en
1856, lui succéda comme titulaire.
Son Traité
d'exploitation des mines (3 vol. in-8, Paris, 1844-1845) reproduit ses
leçons à l'Ecole des mines de Paris, a l'exception de ce qui concernait
les moteurs hydrauliques; ce traité a été le premier ouvrage de cette
nature publié en France; il est resté classique dans le monde entier
jusqu'à l'apparition du cours publié par Callon.
Combes avait été
nommé de l'Académie des sciences en 1847 dans la section de mécanique, à
la place de Gambey.
Il a présidé le
conseil général des mines, après la mise à la retraite d'Elie
de Beaumont, en 1868.
1860 : Commandeur de
la Légion d'honneur
1868 : Commandeur de l'ordre de Saint-Maurice et Lazare
1868 : Commandeur de l'ordre de Léopold de Belgique
Une fille de Combes
épousa
Charles Friedel et
devint ainsi la mère de Georges Friedel
et la grand-mère de Edmond Friedel,
tous deux ingénieurs du corps des mines et tous deux directeurs d'une
école des mines. Le nom de Friedel est encore vivant à travers de ses
descendants au sein de la
Société Berger-Levrault,
ainsi qu'à l'Académie des Sciences. Combes influença également la carrière
d'un autre ingénieur des mines,
Parran.
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Né à Cahors le 26 décembre
1801, Charles-Pierre-Mathieu
avait pour père un officier sans fortune. Docile et studieux,
d'une physionomie ouverte et d'une gaieté expansive, doué d'une grande
promptitude de conception, Charles Combes était le premier de sa classe au
lycée de Cahors et se distinguait surtout en mathématiques. Mais, pour
profiter d'un enseignement plus complet, il eût fallu venir à Paris, et la
mort du père, survenue en 1814, avait accru la gêne de la famille au point
qu'il n'était pas permis de songer à un tel déplacement. Charles Combes se
chargea lui-même de lever l'obstacle, et une bourse gagnée au concours lui
ouvrit, en 1816, les portes du lycée Henri IV. Deux ans après (en 1818),
comme il n'était alors âgé que de 17 ans, il fut reçu le premier à l'Ecole
Polytechnique, renouvelant pour son maître, M. Dinet, la satisfaction que
lui avait procurée, l'année précédente, le sergent-major Elie de Beaumont.
En 1820, toujours le premier, Combes arrivait à l'Ecole des Mines, où la
supériorité de son travail lui faisait obtenir en deux ans, c'est-à-dire
en même temps que ses anciens, le titre d'élève hors concours.
En 1828, à la suite d'un
fructueux voyage d'études, il rédigea deux mémoires que les Annales des
Mines s'empressèrent d'accueillir : l'un sur les forges catalanes, l'autre
sur le maximum de puissance de la vapeur. Ce dernier fixa l'attention
bienveillante de Navier. Désigné dès ce moment pour professer à
Saint-Étienne, Combes dut ajourner l'acceptation définitive de ce poste
pour remplir un devoir que la piété filiale lui dictait, celui d'être en
aide à son excellente mère. Mme Combes était originaire de Strasbourg. Le
fils qui l'adorait voulut, du même coup, la rapprocher de son pays et
assurer son bien-être. Pour cela, il consentit à prendre la direction de
la compagnie de Sainte-Marie-aux-Mines. Mais, en 1826, la mort ôta tout
prétexte à ce sacrifice, car c'en était un pour Combes de mêler des
préoccupations industrielles aux travaux désintéressés dont il avait le
goût exclusif. Il s'empressa de revenir à Saint-Etienne, où les labeurs
tranquilles du professorat lui furent une consolation. Son cours de
Mécanique appliquée, commencé en 1827, marcha de pair avec la direction de
la houillère de Firminy, constamment préservée, par sa vigilance, des
accidents si fréquents dans le bassin. Pendant cinq ans, Combes y étudia
sur place le difficile problème de l'aérage des mines, qui devait
continuer à l'occuper durant toute sa carrière.
Ses succès le désignaient
pour un poste supérieur. En 1832, il fut appelé à l'Ecole des Mines de
Paris. Son cours y fit sensation par la nouveauté, l'ampleur et la
profondeur des vues. L'un des fruits de cet enseignement fut la
publication faite, de 1841 à 1845, d'un grand Traité d'exploitation des
Mines, qui devait faire autorité partout. Suppléé, à partir de 1848,
par Callon, Combes demeura titulaire du cours jusqu'en 1856. C'est dans
cet intervalle qu'il se livra à ses savantes études sur les ventilateurs
et les turbines. L'Académie des Sciences, qui lui avait ouvert ses portes
en 1847, et lui avait décerné dès 1854 les honneurs de la présidence,
entendit de lui, en 1860, une théorie de l'injecteur Giffard, qui venait
de révolutionner l'art des machines à vapeur, en même temps que, par son
originalité imprévue, cette invention mettait les savants en émoi. En
1867, Combes publiait un Exposé des principes de la théorie mécanique
de la chaleur et de ses applications principales. Ce livre a mérité
d'être qualifié de « guide le plus sûr vers cette science qu'il rend
facile » On lui doit aussi plusieurs mémoires sur l'application de
la thermodynamique aux machines et sur la marche à contre-vapeur des
locomotives. Ainsi, dans tous ses travaux, l'ingénieur inspirait l'homme
de science, et le souci d'être immédiatement utile au pays lui marquait la
direction où devaient s'engager ses facultés d'analyste.
A partir de 1857, Combes eut
à diriger l'Ecole des Mines, où la sagesse de son administration a laissé
des traces durables. Aucun directeur n'y a joui d'une autorité personnelle
plus complète; car il n'était pas moins qualifié pour marcher à la tête
d'un corps savant que pour présider à la formation des futurs industriels.
Quand la retraite atteignit
Élie de Beaumont, la présidence du Conseil des Mines, qu'une tradition
constante avait tenue distincte de la direction de l'École, n'en fut pas
moins attribuée à Combes.
On sentait qu'il y aurait eu
grand dommage à ne pas donner la conduite des délibérations à un homme
dont la compétence presque universelle et le lumineux bon sens devaient
exercer la plus salutaire influence. Allant droit au fait, il ne se
perdait pas dans les discours, et donnait à l'occasion son avis avec une
franchise qui ne connaissait d'autres limites que celles de la courtoisie,
à laquelle on ne le vit jamais manquer. Car si personne ne s'étudia moins
à plaire, personne aussi n'évita mieux de blesser.
L'âge de Combes assignait
comme terme à son activité de fonctionnaire les premiers jours de l'année
1872. Mais on n'eut pas à lui appliquer la rigueur du règlement. Un mal
presque foudroyant l'enleva le 15 janvier, sans que, jusqu'à cette crise
dernière, aucune défaillance eût jamais été infligée à ce vigoureux
esprit. Il se sentait prêt, d'ailleurs, et si sa conduite avait été celle
du sage, ses espérances portaient au delà d'un monde où il n'avait donné
que des sujets de l'estimer.
Ce rapide exposé peut suffire
à indiquer ce qu'a été la carrière proprement dite de Combes ; mais il
faudrait l'allonger démesurément si l'on voulait seulement énumérer les
services de tout ordre qu'il a rendus au pays. Combien de vies humaines
ont été préservées par les soins qu'il a pris de l'éclairage et de
l'aération dans les mines! Que d'explosions il a contribué à prévenir par
sa vigilance comme président de la Commission des appareils à vapeur!
Combien d'accidents ont été rendus impossibles, grâce à la direction qu'il
imprimait aux travaux de la Commission des inventions relatives aux
chemins de fer, et d'où est sorti, sous son inspiration prépondérante, le
règlement aussi libéral qu'intelligent du 25 janvier 1865! Coopérateur
précieux des Expositions universelles, il a encore fait sentir son action
dans la Société pour l'encouragement de l'industrie. L'Association
française pour l'avancement des Sciences l'a compté parmi ses fondateurs.
Enfin, au sein de la Société nationale d'Agriculture, il a prouvé que les
intérêts des laboureurs ne lui étaient pas moins chers que ceux des
industriels. Ajoutons que, loin d'être exclusivement occupé de science ou
de pratique, son esprit distingué aimait à se délasser dans la culture des
lettres. Tacite, qu'il lisait dans le texte, était son auteur favori.
Le nombre est prodigieux des
comités de tout genre dont Combes a fait partie. Et, ce qui est la marque
distinctive de son caractère, c'est qu'il n'a jamais accepté une tâche de
ce genre sans être décidé à en remplir toutes les obligations. Un trait
suffit à le peindre : étant, en 1869, président de la commission du tunnel
sous-marin, qui avait à se prononcer sur les conditions d'établissement
d'un tube métallique, il n'hésita pas à traiter lui-même la question par
l'analyse mathématique, afin de vérifier si les prévisions de l'inventeur
de ce projet pourraient être réalisées. A partir de 1863, Combes a été
l'un des membres les plus assidus du Conseil de perfectionnement de
l'Ecole Polytechnique.
Un homme qui joint le bon
sens le plus ferme à une science profonde et à une netteté d'esprit peu
commune est suffisamment désigné pour exercer son influence dans toutes
les grandes affaires. Si, par surcroît, il s'y ajoute une droiture, une
fermeté de caractère et un désinteressement inflexibles, un tel assemblage
fait de lui l'arbitre nécessaire lorsque surgit une difficulté
exceptionnelle.
C'est à ce titre que Combes a
été appelé à jouer un rôle efficace lors de la préparation des traités de
commerce. Sa compétence et son intégrité furent d'un puissant secours pour
essayer de tenir une juste balance au milieu de tant d'intérêts
contradictoires. Plus tard, on eut souvent recours à lui comme arbitre,
notamment lorsqu'il fallut résoudre une grave difficulté qui divisait les
compagnies d'Orléans et de Lyon. Une fois même, son arbitrage, provoqué
par la question des chemins de fer de Belgique et du Luxembourg, eut une
portée internationale et contribua au maintien de la paix. Il ne tint qu'à
lui, en 1870, de jouer un rôle analogue entre le directeur de
l'Observatoire et ses adversaires. On l'avait choisi sans qu'il fût
astronome, rien que pour son bon sens. Il en donna, comme a dit
excellemment son panégyriste (J. Bertrand), une preuve suprême en refusant
d'intervenir dans cette campagne.
Le récit de sa vie peut finir
sur ce trait. Ajouté à tant d'autres, il légitime bien le jugement qu'au
nom de la postérité le Secrétaire perpétuel de l'Académie a porté sur son
illustre confrère lorsque, après avoir rendu justice au savant, il
définissait en ces termes les mérites de l'administrateur : « Aucun n'a
fait paraître, avec plus de droiture dans l'esprit, plus de sagesse dans
les affaires. »
D'après
A. de LAPPARENT
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