Cazals, 1504 -
Saint-Chéron, 1533 . |
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A Cazals, sur l'un des piliers de l'Hôtel de ville,
on peut lire ces vers de Clément Marot :
Quercy, Salel de toy
se vantera
Et comme croy de moi
ne se taira
Clément Marot |
Dizain
Un jour
Vénus, désirant me fâcher
Pour un dépit piéça! sur moi conçu;
Fit à son fils Cupidon delâcher
Un trait sur moi, mais il fut bien déçu,
Car, aussitôt que j'eus le coup reçu,
Et que la plaie était fraîche et entière,
Pallas y mit tel onguent et matière
Que je me vis guéri le lendemain ;
Arrière donc, Vénus rebelle et fière,
Puisque Minerve y met pour moi la main.
D’après :
La Mémoire vive, Sophie Villes, Cahors, 1998 et
Anthologie des Poètes du Quercy, par Gilles Lades, éditions du
Laquet et Encyclopédie du Lot, Bonneton Statistique du
Département du Lot, JA Delpon, 1831. |
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Hugues Salel
est né à Cazals en 1504, d’Hilaire Salel et de Jeanne Peyrusse,
dans un milieu aisé.
Ayant perdu son
père à l’âge de cinq ans, il est sous la protection du seigneur
de Montcléra et à ce titre, il est l’un des treize boursiers du
Collège Pelegry, de 1516 à 1526.
Il acquiert à
l’Université de Cahors une parfaite connaissance des langues et
littératures grecques et latines, érudition essentielle à cette
époque. Il est enthousiasmé par la poésie et surtout celle de
Virgile et d’Homère avec son ton héroïque. A l’Université, il
rencontre la famille d’Olivier de Magny qui deviendra son
secrétaire en 1547. |
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Ouvrage de Salel, 1545, (Bibliothèque Municipale de Cahors) |
A
Toulouse, il est secrétaire des Présidents du Parlement Jacques Minot
puis Jean Bertrandi ; c’est ce dernier qui l’aurait recommandé à la
Cour. Tout à sa vocation poétique, Salel se joint à l’entourage de
François Ier, à une époque où le Roi tente de ressusciter l’éclat des
beaux-arts pour fixer tous les regards sur le royaume de France.
Son goût dominant pour l’étude l’amène à fréquenter assidûment les
leçons de Du Bellay et de Guillaume Budé qui avaient ouvert chez eux une
sorte d’académie. Son talent retient l’attention de ses maîtres, qui
s’empressent de le distinguer aux yeux du roi.
Jodelle et Ronsard consacrèrent à sa mémoire des vers qui prouvent la
haute réputation que Salel s'était acquise. L'épitaphe que lui fit
Jodelle commence ainsi :
Quercy m'a engendré, les neuf
soeurs m'ont appris ;
Les rois m'ont enrichi, Homère m'éternise
Plusieurs essais poétiques le révèlent alors ; sa renommée s’accroît.
François Ier l’élève à la dignité de valet de chambre ; il devient le
compagnon de Clément Marot auprès du monarque.
Entré en défaveur sous Henri II (1547), il se retire dans l’abbaye que
lui a donnée François Ier, à Saint-Chéron près de Chartres. Il s’y
consacre à sa grande œuvre : une traduction en vers de l’Iliade.
Désirant se vouer tout entier à son entreprise, le poète endosse l’habit
ecclésiastique. Pension et riche bénéfice lui permettent d’accomplir sa
tâche. Hugues Salel meurt malheureusement en 1533, avant l’achèvement de
son ouvrage. Il n’a pu traduire que les douze premiers livres
d'Homère. Son travail, incomplet, parut
quelques années après sa mort, en 1545.
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