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(Montauban,
1780 -
Paris, 1867).
Proclamé l'émule, l'égal de Raphaël, Ingres apparaît malgré
lui comme l'un des initiateurs du romantisme et du réalisme en France. Déjà, en
1855, Baudelaire remarquait dans son compte rendu de l'Exposition universelle: «Aux
gens du monde, M. Ingres s'imposait par un emphatique amour de l'Antiquité et de
la tradition».

Autoportrait,
1858, Huile sur toile,
Galleria degli Uffizi, Florence
Ingres se voulait « peintre d'histoire », mais paradoxalement les grandes
compositions sur lesquelles il pensait établir sa gloire sont devenues
caduques.
Ce sont ses portraits et ses tableaux de nus qui lui font atteindre la
célébrité.
Sa technique s'écarte de celle de David ; pour lui, en effet, le dessin ne
peut être un seul contour, mais une ligne génératrice de la forme et du
mouvement.
Sa manière reste celle d'un visuel qui procède méticuleusement à
l'inventaire des formes, où souvent l'exactitude d'un détail nuit à
l'harmonie de l'ensemble. Il ne se sent à l'aise que dans les attitudes
figées et les gestes lents. Pourtant son style «découpé » développe un
univers poétique qui lui sera justement reproché par les défenseurs du
néoclassicisme. Son art complexe (plus difficile à saisir que celui de son
rival Delacroix) fut mal compris de son vivant.
Mais il ne fait pas de doute qu'il a joué un rôle considérable dans le
développement de la peinture moderne : Seurat, les cubistes, Matisse, les
surréalistes, et même Picasso, ont reconnu leur dette envers lui.
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Vicomtese Othenin d'Haussonville, née
Louise-Albertine de Broglie,
1845
huile sur toile, 131.8 x 92 cm
Frick Collection, New York, USA |
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Vicomtese Othenin d'Haussonville, née
Louise-Albertine de Broglie,
1845
détail. |
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La baigneuse, 1807, huile sur toile,
51 x 42.5 cm, Musée Bonnat, Bayonne |
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Le
bain turc, 1862,
1,08 x 1,10 m, Musée du Louvre |
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Napoléon Ier sur le trône impérial,
1806, huile sur toile,
259 × 162,
Paris, Musée de l'Armée.
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INGRES
naquit à Montauban. le 29 août 1780. Son
père, Joseph Ingres (1755-1814), était sculpteur et musicien.
Il discerne très tôt le talent de son fils et
l'encourage et enseigna très vite au petit garçon à dessiner et à jouer du violon : le premier dessin d'Ingres connu, d'après
l'antique, date de 1789.
Ses leçons portèrent vite leurs fruits : à neuf ans, Jean Dominique
exécutait déjà des croquis qu'il signait et datait.
A treize ans, il
reçut le premier prix de dessin à l'académie de Toulouse, et, à
seize ans, le premier prix de composition.
En même temps il se
perfectionnait dans le violon, jouant pendant deux ans, en qualité
de second violoniste, dans l'orchestre de Toulouse. en 1791, il
était admis à l’Académie Royale des Beaux Arts de Toulouse. Il y
étudiera sous la direction de J. Vigan et G. Roques. |
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Autoportrait,
1804, Huile sur toile,
75 x 92cm, Musée de Condé, Chantilly |
Élève de David à
Paris, à partir de 1797 en compagnie de
Antoine-Jean Gros, il devait
remporter, en 1800, un second prix de Rome et l’année suivante, en
1801, le premier grand prix avec le sujet :
Les Ambassadeurs d’Agamemnon et des principaux de l’armée des Grecs,
précédés des hérauts, arrivent dans la tente d’Achille pour le prier
de combattre (Paris,
École des beaux-arts). |
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Le musée Ingres
occupe l'ancien palais épiscopal, bâtiment du XVIIe siècle,
devenu l'hôtel de ville de Montauban après la Révolution. Un
premier musée y avait été installé en 1843, à partir du don de
la collection du baron Vialètes de Mortarieu, ancien maire de
la ville, qui désirait procurer ainsi des modèles aux élèves
de l'école municipale de dessin.
En 1851, le peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres, né à
Montauban en 1780, fit don d'un certain nombre de peintures
anciennes et de vases antiques provenant de sa collection
privée. Puis, à sa mort, survenue en 1867, il légua à sa ville
natale plus de 4000 dessins autographes, une vingtaine de
tableaux, de nombreux objets personnels (dont le fameux
violon), ainsi que plusieurs dizaines de cartons contenant
gravures, dessins et photographies anciennes, calques, copies
d'élèves et études diverses. C'est à la suite de ce legs que
la municipalité décida de créer le musée Ingres qui occupe,
depuis 1905, la totalité du bâtiment.
Aujourd'hui, six salles du premier
étage sont consacrées à l'oeuvre d'Ingres et à son époque. On
y trouve de grandes compositions révélant l'influence de
l'Antiquité et de Raphaël sur son art, mais aussi des oeuvres
de jeunesse, réalisées dans l'atelier de David ou à l'Académie
de France à Rome, dont il fut pensionnaire. Quelques études
peintes et, bien sûr, de célèbres portraits comme Mme Gonse,
complètent l'évocation de la longue carrière de l'artiste. Les
dessins, pour leur part, sont présentés par roulement dans
trois salles.
Le second étage est consacré aux peintures des XIVe, XVe et
XVI siècles des écoles italiennes et du Nord (Daddi, Masolino,
Van Eyck, Spranger), puis des écoles françaises et étrangères
du XVIIe siècle (Lesueur, Bourdon, Mignard, Jordaens, Van Dyck
et Cuyp). Enfin, une section est consacrée à l'art du XVIIIe
siècle, de Boucher à David.
Les salles du rez-de-chaussée rendent hommage à Armand Cambon,
qui fut aussi le premier directeur du musée, mais surtout à
l'autre célèbre Montalbanais, le sculpteur Emile-Antoine
Bourdelle, représenté dans toutes ses périodes par des
marbres, bronzes, plâtres, par des maquettes et des oeuvres
achevées.
Enfin, les oeuvres des artistes de l'école de Montauban:
Marcel Lenoir, Andrieu, Cadène ou Desnoyer introduisent les
contemporains de la deuxième moitié du XXe siècle, parmi
lesquels brillent particulièrement Hélion, Debré ou Vieira da
Silva.
Pour leur part, les sous-sols du musée, vestiges de place
forte du XIVe siècle, abritent d'importantes collections
archéologiques, des salles de céramique, des objets liés à
l'histoire locale depuis l'époque gallo-romaine.
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En
1803,
il reçoit une commande de Bonaparte, alors Premier consul. Il reçoit également
celle d'un riche bourgeois, Rivière, dont il exécute le portrait en 1805 (en
compagnie de sa femme et de sa fille ).
Envoyé comme pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, de 1806 à 1811
(grâce à la bourse du Prix de
Rome),
la découverte de la Ville éternelle éblouit le jeune artiste. Il dessine avec
ardeur, passionné par les trésors de l'art classique, et surtout par les
tableaux de Raphaël. Pendant quatre ans, il reste pensionnaire à la Villa
Médicis.
Il fait parvenir en France les travaux obligatoires que réclame
l’Académie : Œdipe et le Sphinx (1808, Musée du Louvre), la Baigneuse
dite «de Valpinçon» (1808, Musée du Louvre), Jupiter et Thétis (1811,
Musée d’Aix-en-Provence) sévèrement jugés par la classe des Beaux-Arts de
l’Institut qui y voit, non sans raison, une transposition trop originale des
leçons de David.
En décembre 1813, il épouse à Rome, Madeleine Chapelle
(1782-1849), une modeste modiste de Guéret. En 1814
Ingres peint La Grande
Odalisque commissionnée par la reine de Naples, soeur de
Napoleon. L'oeuvre n'est pas payé à cause de la chute de
l'Empereur. En 1819, il enverra cette oeuvre au Salon de Paris.
Pour n'être pas obligé de revenir à Paris, en
1820, il s’installe à Florence (ou il étudie l'art de la
Renaissance, tout particulièrement Raphael),
après avoir achevé, pour la Trinità dei Monti,
Jésus remettant les clefs du paradis à Saint
Pierre (Musée de Montauban).
Pendant les dix années qui
suivent, enseignant remarquable, il forme toute une génération de peintres
étudiant dans son atelier ,dont Théodore Chassériau et Luigi Calamatta
(1802-1869). A cause de son très long séjour en Italie, il ne peut pas
comprendre le «Romantisme» et en devient un violent adversaire.
Il peint le
Portrait du comte Gouriev
(1821, Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg), et le gouvernement français lui
commande Le Vœu de Louis XIII,
destiné à la cathédrale de Montauban. Le tableau, envoyé au Salon de 1824,
connaît un succès extraordinaire.
En
1824, Ingres rentre à Paris. Enfin triomphant, il est élu à l’Institut comme
successeur de Vivant Denon. Désormais célèbre, il fonde un atelier et le
30 décembre 1829, il est nommé professeur à l’École des beaux-arts. Il peint de
nombreux portraits dont celui de Monsieur Bertin
(Musée du Louvre).
En même temps, il songe à une grande composition
à laquelle il travailla sept ans, Le
Martyre de saint Symphorien
(Cathédrale d’Autun) ; mais, présentée au Salon de 1834, cette œuvre fut
curieusement l’objet de jugements hostiles. Déçu, Ingres accepte le poste de
directeur de la Villa Médicis, qu’il occupe de 1835 à 1841.
Son directorat terminé, Ingres revient à
Paris en 1841 et y fait un retour triomphal. Il est le protégé du
duc d’Orléans dont il fait le portrait (Collection de Mgr le Comte
de Paris). |
C’est peut-être lorsqu’il exprime par le dessin
l’essentiel de la composition qu’Ingres réussit le mieux. C’est pourquoi les
dernières toiles, la Vénus Anadyomène (1848, Musée de Chantilly), La Vierge à
l’hostie (1854, Musée d’Orsay), Le Bain turc (1862,
Musée du Louvre) apparaissent comme les œuvres modèles du peintre.
En 1849, décès de son épouse Madeleine Chapelle. En
1852
Ingres épouse Delphine Ramel.
Ce sont les nus qui constituent la part la plus originale de
son oeuvre ; alliant à une suprême sûreté du dessin des harmonies de
couleurs délicatement modulées, ils sont une vibrante et sensuelle
célébration de la beauté féminine.
Celle ci atteint son plus haut point dans La grande Odalisque
(1814, Louvre) et dans l'érotisme retenu
du Bain Turc
(1863, Louvre).
Longtemps opposé au romantisme de Delacroix, le classicisme
d'Ingres apparaît plus aujourd'hui comme une effort vers une
synthèse des moyens plastiques, une tentative d'abstraction
intellectuelle que comme l'expression d'un académisme figé.
En
1857 il est membre de l'Académie Royale des Beaux-Arts d'Anvers. Ingres meurt à Paris, le 14 Janvier 1867, léguant
son atelier à la ville de Montauban.Ingres a été souvent considéré comme un précurseur
du réalisme en peinture, en particulier par Baudelaire qui, le rapprochant de
Courbet, a souligné plus d'une fois son naturalisme, la réalité matérielle de
ses objets, de même que la vérité psychologique de ses portraits.
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La Source,
entre 1820 et 1856
Huile sur toile, 1,63 x 0,80 m,
Paris, musée d'Orsay |
VOIR DES
OEUVRES DE J.A.D. INGRES :
Musée Bonnat
5, rue Jacques Laffitte - 64100
BAYONNE - Téléphone : 05
59 59 08 52
Fax : 05 59 59 53 26 - Site :
http://www.musee-bonnat.com
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