Premier siècle avant J.-C.
Lucterios (aussi connu sous la
version latinisée Lucterius) est le dernier chef gaulois à résister à
Jules César. Un an après la reddition de Vercingétorix à Alésia, Lucterios
et Drappès se réfugient dans l'oppidum d'Uxellodunum où eut lieu la
dernière bataille de la guerre des Gaules, en 51
avant J.-C. Il trouve refuge chez le chef arverne Epasnactos, qui le livre
à César. Wikipedia

Gravure représentant
Uxellodunum comme on se l'imaginait au XVIème siècle.

Luctérius

Lucterius est le nom du véritable Abraracourcix, c'est-à-dire du
véritable dernier chef gaulois qui résista à César.
Son retranchement ne s'appelait pas Petitbonum mais Uxellodunum. Il
n'était pas en Bretagne mais dans le Quercy.
En plus de ces légers détails et pour tout le reste il ressemble
plus à Asterix : il était courageux, volontaire, plein de bonnes
idées, sans peur et sans reproche.
La ressemblance avec la bande dessinée est d'ailleurs si forte que,
aussi incroyable que cela paraisse, les disputes en Quercy n'en
finissent pas pour savoir exactement où était situé l'oppidum
d'Uxellodunum. |

Enluminure
représentant
la bataille d'Uxellodunum
CHAMPOLLION
(Jacques-Joseph)
dit Champollion-Figeac
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(Figeac - 5 décembre 1778
- Fontainebleau - 9 mai 1867)
De douze ans l'aîné de Champollion le jeune dont il fut le frère,
l'ami, l'éducateur et le maître, Jacques-Joseph Champollion fut lui
aussi archéologue.
Bien que conscient de sa propre valeur, il dut souvent rester dans
l'ombre pour mieux mettre en valeur son cadet. Il fut Conservateur des
manuscrits à la Bibliothèque Royale à Paris, puis professeur de
paléographie à l'Ecole des Chartes. Il fut nommé en 1849
bibliothécaire du château de Fontainebleau.
Il a publié les "Annales des Lagiles" (1819), "l'Egypte ancienne"
(1839), diverses études sur les patois français. Il s'est aussi occupé
des publications de son frère et les a éditées après sa mort.
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La première grande personnalité quaient connu les terres du Quercy
est sans nul doute Luctérius. A lépoque où vécut Luctérius le Quercy
nexistait pas sous ce nom du moins, cétait le pays des Cadurques,
nom du peuple qui habitait ces terres.
Luctérius sest grandement distingué durant les deux
dernières années de la guerre des Gaules, mais ne semble pas être
reconnu à sa juste valeur par les historiens lotois. Il fit pourtant
preuve d héroïsme sur le territoire même du Quercy.
Nous savons que
Luctérius vécut durant le premier siècle avant J.C., et nous
connaissons ses agissements grâce aux témoignages de César ainsi que
dHirtius (compagnon de César), qui sont relatés dans les livres VII
et VIII de la Guerre des Gaules (Bello Gallico). |
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Bibliothèque de Cahors, place
François-Mitterrand, dans l'escalier : Buste
du chef cadurque Luctère dont la révolte contre Rome s'acheva avec la
reddition de l'oppidum d'Uxellodunum en 51 avant notre ère. Sculpture
de marbre blanc, Dominique
Molchneht, 1844. |
Luctérius était issu du peuple des Cadurques, qui occupé approximativement
le territoire de lancienne province du Quercy. Il fut une des grandes
figures de la Gaule un allié de Vercingétorix et vraisemblablement,
également un ami.
Son
peuple, les Cadurques furent en effet parmi les premiers à répondre à
lappel à la rébellion de Vercingétorix.
Le
grand César lui-même se méfiait de Luctérius dès le début de la révolte
gauloise, qualifiant le chef Cadurque dêtre un homme « dune extrême
audace ».
On
sait que Vercingétorix lenvoya dans le territoire des Rutènes, peuple
voisin des Cadurques, sur qui il devait avoir une certaine influence, le
livre VII de la guerre des Gaules nous rapporte ceci : « Luctérius le
Cadurque qui avait été envoyé chez les Rutènes les gagne aux Arvernes.
Bien mieux il trouve de nouveaux alliés dans son voisinage : les Gabales
du Gévaudan et les Nitiobriges de lAgenais. Puis ayant réuni une forte
troupe il entreprend denvahir la Province en direction de Narbonne ».
Il contraint César qui revenait dItalie, à rejoindre Narbonne où il fit
fuir ses troupes .
Puis, bien quil ne soit pas nommé, on peut déduire que Luctérius ait été
présent à lassemblée de Bibracte, qui se déroula après le succès de
Gergovie. Vercingétorix décida alors dempêcher César de rentrer en
Italie, et distribua alors les règles à chacun. « Il envoie les Rutènes et
les Cadurques ravager le pays des Volsques Arécomiques ». Luctérius
descendit donc une nouvelle fois vers la Province romaine.
Mais
la suite des événements perturba les plans Gaulois. Vercingétorix se
retrouve encerclé dans Alésia et effectue un appel, 12.000 hommes sont
alors réclamés aux Rutènes, 35.000 aux Cadurques, afin de former une armée
de secours capable de libérer les assiégés dAlésia.
Luctérius fut donc vraisemblablement présent au siège dAlésia, puisque
lon nous dit quil en a « gardé un douloureux souvenir », au moment où il
prépare la ville dUxellodunum à ce qui sera lultime siège mené par César
en Gaule.
Uxellodunum, les irréductibles
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Après la déroute dAlésia, notre chef Cadurque, ne désarma pas, et
continua à vouloir résister à lenvahisseur. Luctérius, sassocie
alors à un autre chef rebelle, Drappès de Sens, à eux deux, il vont
vivre les derniers moments de la lutte pour lindépendance gauloise.
En 51 avant J.C., les deux chefs gaulois Drappès et
Luctérius sortant de lenfer dAlésia, vont prêter main-forte à
Dumnacos qui se bat du côté de Poitiers. Ils subissent là une nouvelle
défaite par Labiennus, mais rassemblent quelques 3000 rescapés ils
descendent dans le sud. Mais, poursuivis par Caninius et ses deux
légions, ils senferment dans la ville dUxellodunum qui se situait
dans le pays des Cadurques. |
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Enluminure
représentant la bataille d'Uxellodunum |
Luctérius, qui eut autrefois cette ville dans sa clientèle, gagna
facilement les habitants à sa cause.
Les deux chefs, décidèrent alors daller faire de grandes
provisions de blé, afin de pouvoir tenir un long siège. Cest lors dun
des convois pour introduire du blé dans la place, que la troupe de
Luctérius est surprise. Tous les Gaulois furent alors massacrés, seul
Luctérius et quelques hommes purent senfuir. Les hommes de Drappès furent
également défaits. Drappès fait prisonnier, honora sa mort en ajoutant
volontairement la privation de toute nourriture aux douleurs que lui
causaient les fers dont il était chargé, il se laissa mourir en peu de
jours. Fabius et deux légions, puis César lui-même avec toute sa cavalerie
ainsi que Calénus avec deux légions vinrent continuer le siège Uxellodunum
où il ne restait plus que deux mille défenseurs dépourvus des deux chefs
emblématiques Drappès et Luctérius. Les Gaulois était bien pourvus en
vivre, César résolut donc de les priver deau. Portant des archers, des
frondeurs et des machines de guerres sur la rive gauche de la rivière qui
entourait presque toute la montagne sur laquelle la ville était juchée et
en face des pentes plus aisées, les Gaulois ne possédaient plus pour
sapprovisionner en eau quune source au nord de la place qui coulait au
pied du mur de celle-ci. César fit construire une terrasse (agger) de 18
m, une tour de 10 étages du haut de laquelle de lartillerie empêchait les
Gaulois de sortir de leurs murs. Par des tranchées couvertes et des
galeries sous roche, les Romains parviennent à tarir la source et les
Gaulois se rendirent. César fit couper les mains à tous ceux qui avaient
porté les armes et se fit livrer Lucter par Epasnactos. Drappès lui se
laissa mourir de faim.
Quant à Luctérius, qui était parvenu à senfuir, il fut
livrer à César par le chef Arvernes Espagnactos
Jacques-Joseph Champollion rappelait dans son ouvrage « Nouvelles
recherches sur la ville gauloise dUxellodunum », que « les auteurs
romains avaient écrit de ces deux chefs Gaulois que ce quils ont cru dire
de défavorable à leur mémoire. » Le même auteur écrivit sur Luctérius,
que son « sort variable des armes le ramenant dans son propre pays, il
y rendit ses compatriotes témoins de ses derniers efforts pour
lindépendance des Gaules, et vint, chargé de chaînes, expier, en présence
de César, son inutile courage. »
Jacques-Joseph Champollion constatait avec regret, au sujet de Luctérius le
Cadurque, qu « aucun monument public nen consacra le souvenir ; lempire
des vainqueurs ne pouvoit le permettre ». Champollion laîné, découvrit
néanmoins une inscription latine inédite qui se trouvait à Pern, sur une
pierre de marbre servant de marche pied à lautel. Linscription en beaux
caractères romains laissait lire : MARCO LUCTERIO. Champollion Figeac,
alors accompagné de M. Lacoste (Hist. de la province Quercy en 4 vol.)
purent déchiffrer la précieuse pierre, qui indique que ce monument fut
élevé par la cité des Cadurci à Marc Lucter, surnommé Lion, fils de Lucter
surnommé Senicianus, qui avait exercé toutes les charges publiques dans sa
patrie, et qui était alors le prêtre envoyé par la même cité pour
desservir lautel dédié à Auguste, situé au confluent de la Saône et du
Rhône, à Lyon.
Jacques-Joseph rappelait que « plusieurs monuments de même genre que
celui-ci rappellent les noms de quelques prêtres de lautel que les
soixante cités des Gaules consacrèrent à Auguste .»
Cette tablette est très importante, car le Marc Lucter mentionné est un
descendant de notre Luctérius, qui fut le dernier chef Gaulois connut à
lutter pour lindépendance de son peuple. Il pourrait même être le petit
fils du grand chef rebelle.
Encore de nos jours, nous ne connaissons pas le sort qui fut attribué à
notre illustre irréductible gaulois, César lemmena-t-il à Rome comme
Vercingétorix, ou bien sa soumission lui a-elle sauvée sa vie ? A lheure
actuelle nul ne peut prétendre le savoir.
Jacques-Joseph Champollion regrettait en 1816, quaucun monument neut
était consacré à Luctérius, de nos jours le constat reste le même, seul un
buste en marbre blanc exécutée en 1844 par un certain Dominique Molhnet,
qui est exposé à la bibliothèque municipale de Cahors, honore la mémoire
du grand Luctérius. A noter que Capdenac qui prétend être le lieu de
lancienne Uxellodunum, a appelé sa place principale, « place Lucter ».
Mathieu MARTY |